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Le biogaz


La France s'est fixé l'objectif de 23% d'énergies renouvelables dans son mix énergétique en 2020, 58% de l'énergie renouvelable devrait être  issue de la biomasse, qui produira 11% du total de l'électricité renouvelable, 83% du total de la chaleur renouvelable, et plus de 90% de l’énergie renouvelable mise en œuvre dans le secteur du transport.

La biomasse à usage collectif, tertiaire et industriel représente un des plus importants gisements de production d’énergie identifié par la loi Transition énergétique. Actuellement, la biomasse est à l’origine de 65 % de la production actuelle d’énergie renouvelable, majoritairement à partir de bois-énergie (40 %) et de biocarburants (11 %). Le biogaz représente 2 % de cette production et avec un potentiel considérable.

La production contrôlée de biogaz porte le nom de méthanisation. Il s’agit d’un procédé de dégradation par des micro-organismes de la matière organique animale et/ou végétale. La matière organique peut provenir de divers secteurs : agricole, industriel, déchets de restauration, déchets de collectivités, gaz issu des installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND), etc. Une fois collectées et transportées sur le site de méthanisation, les matières organiques sont triées, brassées et chauffées pendant quelques semaines dans un digesteur (enceinte privée d’oxygène). Ce processus de digestion anaérobie de matières organiques produit du biogaz pouvant être valorisé par combustion sous forme de chaleur et/ou d’électricité. Ce biogaz peut également être purifié de manière à atteindre la qualité du gaz naturel. On l’appelle alors « biométhane » ou « biométhane carburant » / « bioGNV » lorsqu’il est destiné à alimenter des véhicules. Une fois épuré et odorisé, le biométhane peut être injecté dans les réseaux de gaz naturel ou consommé sur place.

La production de biogaz s’accompagne également de la production d’un coproduit appelé digestat. Engrais organique et naturel, il peut être répandu sur les terres agricoles et par retour au sol se substitue ainsi aux engrais minéraux d’origine fossile. La contribution du biogaz est essentielle pour l’atteinte des objectifs fixés par les Pouvoirs publics au développement des énergies renouvelables : chaleur, électricité et carburant.

En outre, la filière permet de nombreuses externalités positives telles que la valorisation des déchets, la production d’un digestat pouvant être utilisé comme engrais naturel organique en substitution des engrais fossiles, un complément de revenu pour les exploitants agricoles, la création dans la durée d’emplois locaux non délocalisables. Elle représente un atout indéniable pour l’économie circulaire des territoires, notamment en termes de réduction de la dépendance énergétique.

Concernant la production d’électricité, à fin mars 2017, 506 installations produisent de l’électricité à partir de biogaz, correspondant à une puissance totale installée de 399 MW. Au cours du premier trimestre 2017, 465 GWh d’électricité ont été produit et 10 MW ont été raccordés, soit 2,5 fois plus qu'au premier trimestre 2016. Le nombre de projets en file d’attente s’élève à 187 unités pour une puissance de 87 MW.

Concernant l’injection du biométhane dans les réseaux de gaz naturel, on dénombre 32 installations à fin mars 2017. Leur capacité maximale installée s’élève à 497 GWh/an, en progression de 21 % par rapport à la fin de l'année 2016. Une capacité supplémentaire de 86 GWh/an a été installée au cours du premier trimestre 2017, soit plus de trois fois plus que lors de la même période de l'année précédente. La production des sites existants poursuit sa forte progression au premier trimestre 2017. À 86 GWh, elle augmente de 20 % par rapport au quatrième trimestre 2016. Les 252 projets inscrits en file d’attente au 31 mars 2017 représentent 5,6 TWh/an de production, en hausse de 10 % sur un trimestre. Malgré un gisement considérable, la dynamique de la filière est encore trop faible pour l’atteinte de l’objectif fixé par l’Etat de de 10 % de gaz renouvelable consommé en France à horizon 2030.

L’essor de la filière biogaz passera par la complémentarité des diverses utilisations qui peuvent en être faites. L’accent devra être mis sur l’élaboration de cadres de soutien à la production énergétique adaptés, clairs et stables mais aussi sur l’accompagnement de projets de qualité en phase d’émergence, essentiels.

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Biogaz SARIA
© SARIA

Le potentiel de la méthanisation est important que ce soit en termes de cogénération, de production de biométhane à injecter dans le réseau de gaz naturel ou à valoriser en biométhane carburant. Les externalités positives que représente le biogaz sont nombreuses. Le Ministère de l’Ecologie et le Ministère de l’Agriculture ont d’ailleurs affirmé leur soutien aux projets de méthanisation en élaborant en mars 2013 le plan Energie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) avec un objectif de 1000 méthaniseurs à la ferme pour 2020.

Par ailleurs, l’ADEME a mis en place le Fonds chaleur. Opérationnel depuis 2009, doté d’une enveloppe de 1,2 milliard d’euros pour la période 2009-2013, puis sanctuarisé à partir de 2013 dans le cadre de la politique de transition énergétique, le Fonds chaleur soutient la production de chaleur à partir de sources renouvelables dont à partir de biogaz dans les secteurs de l’habitat collectif, le tertiaire, l’agriculture et l’industrie.

Tous ces projets sont encourageants pour les professionnels de la filière. Cependant, ils ne sont à ce stade qu’en phase de projet et l’on constate souvent des difficultés à obtenir les financements nécessaires à leur concrétisation, notamment du fait de leur faible rentabilité lorsque l’on n’intègre pas les subventions. Il s’agit désormais de concrétiser les projets enregistrés et les nombreux autres à venir.

En savoir plus :

fbe France Biomasse Energie, Commission biomasse du SER, fédère les acteurs des bioénergies afin de parvenir à proposer et obtenir des mesures conduisant au développement optimal des filières biomasse. FBE tente d’établir des parcelles entre les métiers de la forêt, de l’agriculture et de l’énergie afin de développer des filières industrielles dynamiques et promouvoir harmonieusement tous les usages énergétiques de la biomasse.